Doyenné de Carentoir

Notices historiques sur l'ancienne paroisse de Carentoir

I
Origines

Carentoir comprenait jadis le territoire renfermé de nos jours par les paroisses actuelles de Carentoir, La Gacilly, Le Temple, La Chapelle-Gaceline et Quelneuc ; c'était donc une des plus vastes paroisses du diocèse de Vannes, c'était aussi une des plus antiques et une des plus riches en documents historiques.

Le Cartulaire de Redon, en effet, ne renferme pas moins d'une vingtaine d'actes concernant Carentoir. C'est un véritable trésor qui nous fait connaître avec détails l'état de cette paroisse durant tout le ixe siècle.

Carentoir était à cette époque une paroisse bretonne de mœurs et de langage. Traversée par une grande route « via publica » qui est probablement la voie romaine de Rennes à Carhaix, dont on retrouve les vestiges au château du Mur et au village de Marsac, appelée « plebs condita », nom qui indique, selon le savant éditeur du Cartulaire, M. de Courson, une origine « toute romaine et toute militaire » (Prolégomènes, lxxxvi.) Carentoir remplaça, au moyen-âge, un établissement gallo-romain sur lequel nous n'avons pas d'autres données (1).

Le territoire de cette paroisse du ixe siècle était arrosé par le ruisseau de Keuril « ripa » vel « aqua Keuril », et limité par la voie romaine que je viens de signaler, par des pierres placées de main d'hommes « lapidibus confixis » et par des croix dressées par un nommé Roenhoiarn. Il est à remarquer qu'il existe encore en Carentoir plusieurs grosses pierres appartenant à des monuments primitifs ou mégalithiques.

Des chefs bretons, appelés mactierns, gouvernaient la paroisse ; leur autorité s'étendait même parfois sur les paroisses voisines.

Le premier que nous connaissions est Jarnithin, qui habitait, vers 826, le manoir de Lisbédu (la cour du bouleau) dans la paroisse de Pleucadeuc (2).

Ce seigneur eut deux fils, tous les deux mactierns ou chefs de la paroisse de Carentoir, ils se nommaient Gurvili et Portitoë.

Gurvili habitait (en 826) le manoir de Lisnovid, la cour neuve, situé en Carentoir ; les chartes font mention de sa femme, mais sans faire connaître son nom. Il eut cinq fils : Ratuili, Woethoiarn, Portitoë, Catloiant et Jarnwocon. Ce Ratuili succéda à son père en qualité de mactiern, il demeurait, en 851, en la maison paternelle de Lisnovid.

Non-seulement Portitoë était, comme son frère Gurvili, mactiern de Carentoir, mais il exerçait encore son autorité dans les paroisses de Molac, de Ruffiac et de Pleucadeuc, à l'exemple de son père.

II eut pour fis Jarnithin qui devint lui-même mactiern et qui engendra Dumwalart.

Il est bon de remarquer que les deux chefs de la paroisse de Carentoir, Gurvili et Portitoë, relevaient directement de l'empereur Louis le Débonnaire, à titre de vassi dominici (3).

Toute la population de Carentoir était alors de race et de langue bretonnes ; nous en trouvons la preuve dans les noms des habitants qui sont tous celtiques. Voici, par exemple, quelques familles de Carentoir au ixe siècle : Catlon, marié à Prostworet dont il eut Merchion et Junetwant ; Woretic qui eut quatre garçons : Anauran, Urblon, Haëtlon et Judwallon ; Groécon et son fils Condeloc ; Maenhoiarn et son frère Loieshoiarn ; les frères Cumhaël et Judhaël, Budworet et Anaworet ; Riwallon et sa sœur Argantlon dont le fils fut le prêtre Haelwocon, etc. (4).

Cette population se divisait en hommes libres et en serfs : parmi les hommes libres figuraient, outre les mactierns ou chefs de paroisse, les membres du clergé tant séculier que régulier, les anciens de la paroisse formant parfois une sorte de conseil dont les décisions avaient une grande autorité, et un nombre relativement considérable d'habitants. Je n'ai point trouvé mention de serfs proprement dits à Carentoir, mais seulement de colons soumis, sous certains rapports, à une sorte de servitude ; tels étaient Kewigar, Haëlocar et Lowencar que donna à Redon le mactiern Gurvili, en 833 ; tels étaient encore Posidhoiat et ses trois fils Ananhoiat, Judmin et Judmorin qu'acheta le prêtre Drivinet, vers 814 (5).

Quant aux lieux habités, au ixe siècle, dans la paroisse de Carentoir, nous ne trouvons que les suivants signalés dans les chartes : Lisnovid, ou la cour neuve, habitation des mactierns Trebdeoc, Trébarail, ou Tref-Arhaél ; Macoer, Henlis-Aladin et Mellac ; ce dernier village porte encore le même nom.

Les propriétés territoriales nous apparaissent, pour la plupart, avec le nom de leurs possesseurs ; c'est ainsi que nous trouvons les rans, ou portions de terre appelées Rancarian, Rancatoïen, Ranconmarch, Ranhaelval, Ranjudwallon, Ranriwocon, Rantudwael, Ranjarnoc, Ranetcar, Rancumwas, etc. Toutefois, nous trouvons d'autres terres appelées Maeltiern, Bilian, Bréoc, Bronantcar, Bachïn, Drihoc, Branscean, etc.

Cet aperçu de Carentoir, au ixe siècle, serait bien incomplet si l'on ne signalait pas ce qu'y fit le clergé à cette époque.

Dès les commencements de l'abbaye de Redon, le clerc Riwalart donna à saint Convoyon la terre de Maeltiern, et, en 833, Condeloc, fils de Groécon, ayant obtenu des moines de Saint-Sauveur la faveur d'habiter avec eux, leur donna un champ à Mellac. La même année, le mactiern Gurvili fit don à cette abbaye des terres de Bronantcar et de Rancatoien ainsi que des colons qui habitaient ces terres (6).

Trois prêtres ajoutèrent leurs dons à ceux qui précèdent. En 846, Drivinet donna le village de Trebdreoc ; en 848, Winhoiarn donna les domaines de Ranharwal et de Rancumarch ; vers le même temps, Budworet offrit sa terre de Botjudwallon (7).

C'est également en 846 qu'une pieuse femme, nommée Argantlon, donna à Redon la terre de Rancummou. En 861, un guerrier, du nom de Glur, fit don d'une partie des rentes de Rantudwael et de Rancumwas et de deux habitants du village de Macoer ; en 870, enfin, une veuve, appelée Prostworet, donna la moitié du domaine de Ranetcar (8).

Tous les biens donnés par ces divers bienfaiteurs étant situés en Carentoir, on voit que l'abbaye de Redon se trouvait, au ixe siècle, richement dotée dans cette paroisse. Il ne paraît pas, cependant, qu'un prieuré y ait été fondé par les moines de Saint-Sauveur ; si cette fondation a existé, je n'en ai pas du moins trouvé trace dans l'histoire.

Quant à l'église paroissiale de Carentoir, elle est plusieurs fois mentionnée dès l'an 833, et nous connaissons les noms d'un grand nombre de prêtres vivant dans la paroisse à ce siècle reculé ; ce sont Condeloc, Winhoiarn, Doethwal, Junwal, Cafat, Loiesur, Taetal, Drivinet, Dreweten, Budworet, Hinoc, Ludon, Groekin, Tuthoven, Woletec, Lathoiarn, Worgovan, Haelvaloë, Bili, Finithoiarn, Wormonoc, Wetenworet, Sulval et Haelwocon. On y voyait aussi les clercs Riwalart, Haeltedwid, Tomas, Riscant, Budhoiarn et Judwallon (9).

Je ne nomme pas ici les moines qui figurent à cette époque à Carentoir, car je crois qu'ils appartenaient tous soit à l'abbaye de Redon, soit aux monastères voisins de celle-ci, notamment à ceux de la paroisse de Bains.

Telle était la physionomie toute bretonne, c'est à dire toute nationale, que présentait, au ixe siècle, la paroisse de Carentoir.

(1) Près du manoir du Mur, on voit encore un camp romain, assez bien conservé, décrit par M. Gayot-Délandre, dans son intéressant ouvrage sur le Morbihan, p. 283.

(2) Cartulaire de Redon, p. 13, 15, 84, 86 et 361.

(3) Cartulaire de Redon, p. 30 ; Prolégomènes, p. ccx et cclxix.

(4) Cartulaire de Redon, passim.

(5) Cartulaire de Redon, p. 8 et 129.

(6) Cartulaire de Redon, p. 100, 15 et 8.

(7) Cartulaire de Redon, p. 361, 86, 83 et 41.

(8) Cartulaire de Redon, p. 362, 63 et 180.

(9) Cartulaire de Redon, passim.

II
Doyenné

Carentoir devint au moyen-âge l'un des six doyennés que renfermait le diocèse de Vannes.

Le doyenné de Carentoir se composait de sept paroisses et de cinq trèves, savoir :

1° Carentoir, cure-doyenné avec quatre trèves très anciennes nommées La Gacilly, La Chapelle-Gaceline, La Haute-Bouexière et Quelneuc. L'évêque de Vannes présentait cette cure.

2° Le Temple, cure présentée par le commandeur de Saint-Jean de Jérusalem.

3° Renac, cure présentée primitivement par l'abbé de Redon, puis, plus tard, par l'évêque de Vannes.

4° Ruffiac, cure, avec sa trève de Saint-Nicolas-du-Tertre,

présentées par l'évêque de Vannes. (1)

5° Saint-Just, cure,

6° Sixt, cure,

7° Tréal, cure,

Parmi les derniers doyens de Carentoir, je remarque messires Mathurin d'Avaugour, vivant en 1641 ; Honoré Le Roy, fils du seigneur de La Danaye (1668) ; Louis Raguideau († 1707) ; Louis Boceno (1758) et Jean Charlot de Chanvry, qui vivait en 1772.

(1) V. les Pouillés de Bret., publiés par M. de Courson.

III
Églises et Chapelles

L'église paroissiale de Carentoir, dédiée à saint Marcoul, est très ancienne ; sa principale nef est presque entièrement romane, mais du style le plus grossier.

L'église d'abord tréviale puis paroissiale de La Gacilly était sous l'invocation de saint Nicolas.

En 1745, monseigneur de Bertin, évêque de Vannes, érigea la trève de La Gacilly en paroisse : l'ancienne église a disparu et a été remplacée par un temple néo-grec.

L'église paroissiale du Temple de Carentoir est très ancienne et en partie romane, mais sans caractère ; on y remarque dans le chœur la statue tumulaire d'un chevalier de Saint-Jean de Jérusalem, dont le nom reste inconnu.

Les églises paroissiales de La Chapelle-Gaceline et de Quelneuc n'offrent rien de remarquable ; c'étaient naguère des chapelles tréviales.

La chapelle de La Haute-Bouexière est régulièrement desservie par un vicaire de Carentoir.

La chapelle de Notre-Dame de Fondelienne passe, dans la tradition, pour avoir une origine monastique ; on y vénère une statue de la sainte Vierge regardée comme miraculeuse ; on y voit une chaire du xve siècle et un ancien tableau ou ex voto aux armoiries de la famille Le Roy, qui possédait jadis le manoir voisin de La Meule.

La chapelle de Saint-Jugon est le but de nombreux pèlerinages ; on y vénère le tombeau de ce saint enfant dont la légende est des plus naïves.

On trouvait en outre, jadis, les chapelles de Saint-Jacques, Saint-Marc, Saint-Adrien, Saint-Jean, Saint-Vincent, appartenant aux paroissiens, et les chapelles des manoirs qui suivent : Saint-Mathurin, à Peccaduc ; Saint-Joseph, au Boschet ; Sainte-Anne, à La Tousche-Peschart ; Saint-Julien, au Bois-By, et celles du Ronceray et de Launay. Presque toutes ces chapelles ont été détruites ou abandonnées.

Enfin, on trouvait encore à Carentoir les chapellenies de Saint-Georges, fondée en 1414, de Notre-Dame de la Ville-Louet et de La Cossaye.

IV
Commanderie du Temple

L'ordre des chevaliers du Temple possédait jadis en Bretagne trois grandes commanderies dont dépendaient leurs autres maisons ; c'était La Feuillée, Carentoir et La Guerche. Après la destruction de l'ordre des Templiers, la commanderie de Carentoir passa, comme les deux autres, entre les mains des chevaliers hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem, dits plus tard de Rhodes et de Malte.

Le château de la commanderie de Carentoir se trouvait dans le bourg actuel du Temple, près de l'église paroissiale ; il n'en reste plus de traces aujourd'hui. Ce bénéfice jouissait d'une haute, moyenne et basse justice, et rapportait au commandeur 17,000 livres de revenus, en 1754.

On a conservé un vague souvenir à Carentoir de la chute des Templiers ; ils furent massacrés, dit la tradition, au pied d'un gros chêne à côté de la chapelle de Fondelienne.

La commanderie du Temple de Carentoir relevait du Grand Prieuré d'Aquitaine, l'un des plus considérables de la Langue de Fiance. M. de La Bigne-Villeneuve nous apprit au congrès de Saint-Brieuc, en 1852, que cette commanderie se divisait en huit membres situés en plusieurs diocèses. Les unes de ces maisons, portant le nom caractéristique de temples, étaient, dans l'origine, des commanderies de Templiers, dont héritèrent les chevaliers de Saint-Jean de Jérusalem après la destruction de l'ordre du Temple ; les autres, appelées hôpitaux, avaient, au contraire, toujours appartenu à l'ordre des chevaliers Hospitaliers. Il est enfin probable que, dans l'origine, tous ces bénéfices étaient, pour la plupart, des maisons séparées qui se trouvèrent réunies, dans le temps, à la grande commanderie de Carentoir pour former une dotation plus importante.

Voici quels étaient les huit membres de la commanderie de Carentoir :

1° Le temple de Carentoir, évêché de Vannes.

2° Le temple de La Coëffrie, paroisse de Messac, évêché de Rennes (1).

3° Le temple et l'hôpital de La Croix-Huis, paroisse de Pléboulle, évêché de Saint-Brieuc (2).

4° L'hôpital de Malansac, en ladite paroisse, évêché de Vannes (3).

5° L'hôpital de Saint-Jean de Villenard, paroisse de Néant, évêché de Vannes.

6° L'hôpital de Quessoy, en ladite paroisse, évêché de Saint-Brieuc (3).

7° Saint-Jean du Port-Stablehon, s'étendant dans les paroisses de Saint-Suliac, Saint-Judoce et autres, dans l'évêché de Saint-Malo.

8° Roz-sur-Couasnon, en ladite paroisse, évêché de Dol (4).

De tous ces bénéfices, ceux du Quessoy, de La Croix-Huis et de Saint-Jean du Port-Stablehon sont les seuls mentionnés dans la charte donnée en 1160 par Conan IV, duc de Bretagne, en faveur des chevaliers Hospitaliers. Celui de La Coëffrie n'était pas encore uni à Carentoir en 1681, me semble-t-il, car il était alors habité par frère René Chévrier, commandeur du temple de la Coëffrie, qui y demeurait encore en 1707.

Parmi les commandeurs du temple de Carentoir, nous remarquons : Gilles du Buisson (1624), Siméon Bouchereau (1738), Jacques Frin des Touches (1745), Claude Le Normand (1776).

(1) Les bâtiments de cette commanderie existent encore ; la chapelle y est assez remarquable et date au moins du xive siècle.

(2) La chapelle de Notre-Darne du Temple existe également dans le village du même nom.

(3) On y retrouve de nos jours le village de l'Hôpital.

(4) V. les Bulletins de l'Association bretonne, congrès de Saint-Brieuc (1852).

V
Château de La Gacilly

La Gacilly était autrefois défendue par-un château fortifié dont il ne reste plus que la motte entourée de douves à peu près comblées, mais encore apparentes ; on dit que cette forteresse, si complètement rasée, a été incendiée en 1594 par une troupe d'Anglais auxiliaires de l'armée royale que commandait le maréchal d'Aumont (1).

La Gacilly était sans contredit, je crois, le château le plus important de Carentoir au moyen-âge ; c'était une assez vaste seigneurie jouissant, en 1778, d'une haute, moyenne et basse justice s'étendant jadis dans les paroisses de Carentoir, Ruffiac, les Fougerêts, etc. ; possédant, entre autres droits féodaux, celui de guet, dernier vestige au xviiie siède de l'ancienne défense militaire du château.

Les sires de Montauban possédèrent longtemps la seigneurie de La Gacilly. L'un d'eux, Jean I, seigneur de Montauban, épousa Gasceline de Montfort dont il était veuf en 1246. Parmi ses successeurs on remarque Olivier III seigneur de Montauban, qui vivait en 1320. Il épousa secrètement Julienne de Tournemine, veuve du seigneur de Montfort, sa proche parente. Leur union, devenue publique, fut réhabilitée par une sentence du pape, qui fut lue dans les églises de Montfort, de Montauban et de Guer (2).

Olivier III mourut vers 1330, laissant la seigneurie de La Gacilly comme douaire à Julienne de Tournemine (3). Ses deux fils Jean et Alain de Montauban lui succédèrent l'un après l'autre. Puis vinrent Olivier IV marié à Jeanne de Malemains ; Olivier V et Mahaud d'Aubigné, et Guillaume qui épousa : 1° Marguerite de Lohéac ; 2° Bonne Visconti. Le fils de ce dernier seigneur, Jean, seigneur de Montauban, épousa Anne de Keranrais dont il eut une seule fille, son héritière, nommée Marie de Montauban. Cette dame épousa : 1° Louis de Rohan, seigneur de Guémené-Guingamp, dont elle eut Louis, Pierre et Hélène ; 2° Guy de la Trémoille dont elle n'eut pas d'enfant ; elle mourut en 1477. Son fils aîné, Louis de Rohan, devint seigneur de Guémené et de Montauban ; mais en 1478 (5 avril), il donna la seigneurie de La Gacilly à son frère Pierre de Rohan, seigneur de Gié et maréchal de France ; c'était une partie de l'héritage maternel. Ce maréchal, seigneur de La Gacilly, mourut en 1513 ; il avait épousé : 1° Françoise de Penhouët, fille du vicomte de Fronsac ; 2° Marguerite d'Armagnac, fille du duc de Nemours ; il eut trois garçons : Charles de Rohan, seigneur de Gié, François de Rohan, archevêque de Lyon, et Pierre de Rohan, seigneur de Frontenay (4). L'un de ces derniers, mais je ne sais lequel, hérita de La Gacilly qui appartenait en 1536 au sieur de Rohan (5).

Au siècle suivant, la famille du Houx possédait la seigneurie de La Gacilly. En 1698 vivaient Gilles du Houx et Marie de Porcaro, sa femme, seigneur et dame de La Gacilly ; ils habitaient alors le manoir des Bouexières. Ce seigneur mourut en 1707.

Après sa mort, la seigneurie de La Gacilly passa entre les mains des seigneurs de La Bourdonnaye. Yves-Marie de la Bourdonnaye, conseiller d'État, obtint, en 1717, l'érection des terres de la Bouexière et La Gacilly, paroisse de Carentoir, et Couëtion, paroisse de Ruffiac, en marquisat, sous le nom de La Bourdonnaye. Alors disparut le titre de seigneur de la Gacilly.

(1) Le Morbihan, par M. Cayot-Délandre, p. 281.

(2) Hist. de Monfort, par M. Oresve, p. 132.

(3) Dict. de Bret., par Ogée, Vo La Gacilly.

(4) Voir les Preuves de Dom Morice, iii, 303. — L'Hist. généal. de Bret., par du Paz. — Le Dict. hist. de Moreri.

(5) Dans son histoire de La Gacilly intitulée : le Château et la Commune, M. Ducrest de Villeneuve dit que Françoise d'Amboise posséda et habita le château de La Gacilly ; j'ai cherché malheureusement en vain les preuves de cette assertion, en particulier dans les vies si intéressantes de la Bienheureuse duchesse de Bretagne, publiées récemment par MM. de Kersabiec et l'abbé Richard ; je sais qu'Ogée indique le même fait, mais où l'a-t-il pris ? On peut voir dans l'ouvrage de M. l'abbé Richard les lettres de Pierre II assignant le douaire de Françoise d'Amboise ; il n'y est pas question de La Gacilly.

VI
Manoirs et terres nobles

Comme tailles les anciennes paroisses, celle de Carentoir renfermait un grand nombre de manoirs et de terres nobles ; nous allons signaler les principaux, en faisant connaître leurs anciens possesseurs (1).

Outre ces principaux manoirs, la paroisse de Carentoir renfermait encore plusieurs autres maisons nobles moins importantes ; voici d'abord celles que mentionne la réformation de 1536 :

Ogée signalait, en outre de tous ces manoirs, en 1778, ceux qui suivent :

mais c'était des terres sans importance pour la plupart.

(1) J'ai surtout puisé pour ce paragraphe dans les manuscrits de la Réformation de la noblesse de Bretagne, dans les registres paroissiaux de Carentoir, et dans les ouvrages héraldiques de d'Hozier et de M. de Courcy.

(2) Hist générale de Bret. par le P. du Paz, p. 147 et suiv.

L'abbé Guillotin de Corson.

 

Vannes. – Imp. de L. Galles.